Ça fait longtemps que l'envie d'écrire sur l'allaitement me travaille
- comme sur le sommeil des bébés. J'ai renoncé plusieurs fois, par flemme, parce que je n'avais pas trouvé de titre percutant (toujours pas, d'ailleurs) ou parce
que ce que j'avais envie de dire avait été écrit ailleurs de manière
beaucoup plus talentueuse, ici ou là.
Aujourd'hui, j'assume. Ceci n'est pas un billet pédagogique sur
l'allaitement, c'est un billet d'humeur. Je suis consciente du potentiel
inflammable du sujet, mais tant pis, trop d'histoires autour de moi m'ont énervée récemment.
Je suis pro-allaitement. D'ailleurs, être "anti-allaitement" est pour
moi aussi dépourvu de sens que de vouloir mener sa grossesse dans un
utérus en plastique. Je suis un mammifère, je porte mon bébé neuf mois,
je l'allaite. Aussi simple que ça. Enfin en ce qui me concerne.
Je suis pro-allaitement, donc. Même qu'il m'arrive de faire de la
provoc' Darwino-physiologique sur le thème des "dents de lait" ou de la
durée de l'allaitement chez nos cousins les grands singes.
En revanche, je suis parfaitement capable de concevoir que ce qui est pour moi une évidence
ne coule pas toujours de source pour d'autres mamans ou futures mamans. Et pour cause: quoi que disent certains (dont Élisabeth Badinter) sur la pression subie par les femmes pour allaiter, on est quand même dans une culture du biberon, passée la période néo natale - il suffit de voir les taux d'allaitement maternel à 1 mois!
Les copines n'allaitent pas, ou pas longtemps, les mères n'ont pas allaité, ou pas longtemps, les unes comme les autres ont parfois été mal conseillées, et de nombreuses idées reçues ont la vie dure... À partir de là, pas facile pour une future maman de se projeter dans une histoire d'allaitement, si ça n'est pas une évidence pour elle.
Puisque l'accompagnement familial fait défaut, à nous, médecins, sages-femmes, personnels de santé qui intervenons pendant la grossesse, d'informer au mieux la future maman pour qu'elle puisse faire son choix en connaissance de cause.
Parce que, oui, même si je suis pro-allaitement, je crois profondément au respect des choix de chacune. Encore faut-il que ce choix soit basé sur des informations solides, et pas des idées reçues, que celles-ci soient véhiculées par l'entourage ou les médecins.
Certes, la formation des médecins sur l'allaitement maternel est quasiment inexistante, et la plupart d'entre eux sont des grosses brêles sur le sujet. Moi-même, si je ne m'étais pas auto-formée à l'occasion de difficultés d'allaitement avec mon aînée, je ne serais probablement pas très forte. Mais même sans être super au point sur le sujet, si tous les généralistes et pédiatres faisaient l'effort de lire le guide publié par l'Inpes, ils diraient moins de conneries.
Ça me scie, en 2012, de savoir qu'il y a encore des pédiatres qui disent aux mamans que si le bébé ne grossit pas assez c'est parce que leur lait "n'est pas bon"; d'autant plus quand elles relaient l'info (intox!) à leurs copines sans enfants... En l'occurrence je soupçonne cette maman-ci d'avoir été poussée à allaiter, et d'avoir été soulagée de "devoir" arrêter pour cause de lait "pas bon". Un beau gâchis.
Gâchis encore, cette maman qui allaitait avec bonheur sa deuxième puce, mais dont la pédiatre a décrété, à 6 mois, que "ça suffisait" et qu'en outre il fallait la diversifier pour qu'elle "fasse ses nuits". Grrrr, quoi.
Gâchis toujours, cette maman qui allaite "parce que c'est mieux", mais qui n'aime pas ces moments-là et en vient à chronométrer et limiter la fréquence des tétées.
Je crois sincèrement que la meilleure raison d'allaiter, au delà des bénéfices réels ou supposés, est d'en avoir envie.
De même, la meilleure raison (voire la seule qui tienne la route...) pour NE PAS allaiter est de NE PAS en avoir envie.
Être bien informée, savoir à qui s'adresser en cas de problème, et ne pas laisser quiconque, médecin ou belle-mère, saper notre confiance et faire foirer notre allaitement.
Être bien informée, suivre son envie, et biberonner avec joie et sans culpabilité.
Être bien informée, suivre son envie, et allaiter plus de 6 mois, voire plus d'1 an.
Et pourquoi pas?
ne coule pas toujours de source pour d'autres mamans ou futures mamans. Et pour cause: quoi que disent certains (dont Élisabeth Badinter) sur la pression subie par les femmes pour allaiter, on est quand même dans une culture du biberon, passée la période néo natale - il suffit de voir les taux d'allaitement maternel à 1 mois!
Les copines n'allaitent pas, ou pas longtemps, les mères n'ont pas allaité, ou pas longtemps, les unes comme les autres ont parfois été mal conseillées, et de nombreuses idées reçues ont la vie dure... À partir de là, pas facile pour une future maman de se projeter dans une histoire d'allaitement, si ça n'est pas une évidence pour elle.
Puisque l'accompagnement familial fait défaut, à nous, médecins, sages-femmes, personnels de santé qui intervenons pendant la grossesse, d'informer au mieux la future maman pour qu'elle puisse faire son choix en connaissance de cause.
Parce que, oui, même si je suis pro-allaitement, je crois profondément au respect des choix de chacune. Encore faut-il que ce choix soit basé sur des informations solides, et pas des idées reçues, que celles-ci soient véhiculées par l'entourage ou les médecins.
Certes, la formation des médecins sur l'allaitement maternel est quasiment inexistante, et la plupart d'entre eux sont des grosses brêles sur le sujet. Moi-même, si je ne m'étais pas auto-formée à l'occasion de difficultés d'allaitement avec mon aînée, je ne serais probablement pas très forte. Mais même sans être super au point sur le sujet, si tous les généralistes et pédiatres faisaient l'effort de lire le guide publié par l'Inpes, ils diraient moins de conneries.
Ça me scie, en 2012, de savoir qu'il y a encore des pédiatres qui disent aux mamans que si le bébé ne grossit pas assez c'est parce que leur lait "n'est pas bon"; d'autant plus quand elles relaient l'info (intox!) à leurs copines sans enfants... En l'occurrence je soupçonne cette maman-ci d'avoir été poussée à allaiter, et d'avoir été soulagée de "devoir" arrêter pour cause de lait "pas bon". Un beau gâchis.
Gâchis encore, cette maman qui allaitait avec bonheur sa deuxième puce, mais dont la pédiatre a décrété, à 6 mois, que "ça suffisait" et qu'en outre il fallait la diversifier pour qu'elle "fasse ses nuits". Grrrr, quoi.
Gâchis toujours, cette maman qui allaite "parce que c'est mieux", mais qui n'aime pas ces moments-là et en vient à chronométrer et limiter la fréquence des tétées.
Je crois sincèrement que la meilleure raison d'allaiter, au delà des bénéfices réels ou supposés, est d'en avoir envie.
De même, la meilleure raison (voire la seule qui tienne la route...) pour NE PAS allaiter est de NE PAS en avoir envie.
Être bien informée, savoir à qui s'adresser en cas de problème, et ne pas laisser quiconque, médecin ou belle-mère, saper notre confiance et faire foirer notre allaitement.
Être bien informée, suivre son envie, et biberonner avec joie et sans culpabilité.
Être bien informée, suivre son envie, et allaiter plus de 6 mois, voire plus d'1 an.
Et pourquoi pas?
Edit du 30 septembre :
On (un homme) me fait remarquer sur Twitter que, je cite "Allaiter 6 mois ou un an c'est bien... Pour une femme au foyer. A moins d'aimer la vie de vache laitière et faire des stocks."
Pouf, pouf (comme disait le regretté Pierre Desproges).
Pipelette a été allaitée 21 mois, dont 2 en exclusif. J'ai repris le travail quand elle avait 3 mois. Etant déjà en mixte, les tirages du midi servaient surtout à maintenir la lactation, et j'ai arrêté quand elle avait 8 mois.
Clownette a été allaitée 30 mois, dont 5 en exclusif. J'ai repris le travail (à 80%) quand elle avait 4 mois; quand je n'ai plus réussi à suivre au niveau des tirages j'ai introduit du lait en poudre sans grands états d'âme (à l'impossible nul n'est tenu, toussa) ; ça nous a valu 3 semaines de grève du biberon, mais c'est une autre histoire... J'ai maintenu malgré tout 1 à 2 tirages par jour jusqu'à ses 9 mois.
Souricette aura 4 mois dans quelques jours, et on débute l'adaptation à la crèche mardi, pour une reprise du travail 2 semaines plus tard (à temps partiel au début). J'ai prévu de tirer mon lait, et si la demande dépasse l'offre, je passerai en mixte ; so what?
Vous voyez, monsieur, qu'on peut très bien allaiter longtemps et reprendre le travail (même en travaillant beaucoup plus que moi, certaines de mes consoeurs peuvent en témoigner).
Les séances de tire-lait ne sont certes pas une partie de plaisir ; pour autant je ne me suis JAMAIS perçue comme une vache... Juste une maman qui fait de son mieux pour poursuivre l'allaitement.
Et croyez-moi, le premier "tétée" balbutié par un bambin souriant compense toutes les laborieuses séances de pompage...






