mercredi 20 avril 2016

Sauté de porc au gingembre et lait de coco

Allez hop, à l'arrache, une recette sortie tout droit de mon imagination (et de mes placards/frigo/congélateur...), sans photo, qui plus est. J'ai failli en prendre une, hein, pour la rajouter à ma galerie de plats "moches mais bons", et puis j'ai renoncé ; j'ai regretté, néanmoins, parce qu'en fait ça aurait pu concourir dans la catégorie "c'est un peu moche, ok, mais BOUDIOU que c'est bon". 
Comme je suis un peu fière de mon coup, tant pis pour la photo, je poste quand même la recette.

Alors donc, il faut (pour 2 adultes) :
- un morceau de porc à sauter (300g environ)
- une boîte de lait de coco (400ml)
- un morceau de gingembre frais (2 bons centimètres, à adapter aux goûts)
- 2 gousses d'ail
- 1 tige de céleri branche
- 2 petites carottes
- 1/2 poivron rouge, 1/2 poivron vert
- 2 cuill à soupe de sauce soja
- du piment doux en poudre 
- en option, mais c'est meilleur avec : un peu de poivre de Szechuan, de la citronnelle en poudre
- sel, huile d'arachide

Couper la viande en fines lamelles.
Eplucher et hacher grossièrement l'ail et le gingembre.
Découper en petits morceaux de taille (à peu près) régulière les carottes pelées, le céleri et les poivrons.
Faire chauffer 1 bonne cuill à soupe d'huile dans un wok ou une sauteuse.
Quand l'huile est chaude, y jeter le poivre de Szechuan et le faire le revenir à feu vif pendant 15-20 secondes, en l'écrasant un peu.
Ajouter le viande et faire dorer tous les morceaux, en mélangeant régulièrement, pendant 5 minutes environ.
Baisser sur feu moyen, ajouter l'ail et le gingembre, continuer de faire sauter 2-3 minutes.
Ajouter tous les légumes, bien mélanger, puis verser le lait de coco, la sauce soja, le piment doux et la citronnelle (j'ai mis - à peu  près, toujours - une cuill à café de chaque).
Laisser mijoter 20-25min sur feu doux, goûter la sauce et saler si nécessaire.

Servir dans une assiette creuse avec un petit bol de riz. Et revenir me donner vos impressions!

mardi 12 janvier 2016

Ceci est un exercice

Hier, en récupérant Souricette (3 ans 1/2) à l'école, je lui demande, comme tous les jours, ce qu'elle a fait dans la journée.

"Y'a eu un gros bruit, alors on s'est couchés par terre et fallait pas parler. J'ai pris mon nounours pak'il avait un peu peur."

Okayyyy, donc la maternelle a organisé un exercice de confinement, scénario "attaque terroriste", sans prévenir les parents. Cool. Déjà j'avais moyennement apprécié d'apprendre par mes aînées qu'elles avaient dû ramper sous les tables et éviter les fenêtres, quelques temps auparavant, pour le même type d'exercice.

Heureusement Clownette (6 ans 1/2) a bien détendu l'atmosphère dans la voiture, en expliquant à sa petite sœur que c'était "au cas où des touristes viennent à l'école"...

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En rentrant à la maison, j'ouvre le cahier de liaison, et trouve ce mot :



Je passe sur les fautes d'orthographe, les ratures au feutre et l'erreur de date pour le conseil d'école...

Ce qui me met en rogne, c'est qu'on organise ce genre d'exercice sans en avertir préalablement les parents, ni les enfants, qui plus est petits et à l'imagination fertile (j'ai entendu un "grand" expliquer à sa maman qu'il pensait que des monstres attaquaient l'école, bonjour l'angoisse).

Je veux bien entendre la nécessité de l'exercice - et encore, à part pour entraîner les enseignants à gérer la situation, je ne vois pas bien l'intérêt de se coucher par terre en silence : espérer passer inaperçus d'un mec qui débarquerait dans l'école avec une Kalachnikov? ça me ferait bien rigoler si ce n'était pas tragique... Apprendre aux enfants à respecter les consignes de "tout le monde par terre et je butte le premier qui chiale" d'un illuminé qui prendrait la classe en otage? j'ai quelques doutes sur l'efficacité en situation réelle...

Bref, j'ai fait part de mon étonnement mécontent à une représentante des parents d'élèves, sa réponse a été "oui mais ils sont obligés", accompagnée d'un haussement d'épaules fataliste.

Du coup j'ai posté sur Twitter le fameux mot, sans spécialement commenter. J'ai été d'abord soulagée de constater que je n'étais pas la seule à m'indigner du modus operandi ; puis stupéfaite de le voir diffusé et relayé de façon massive. 
J'ai d'ailleurs fini par le supprimer, parce que sa diffusion échappait complètement à mon contrôle et que je voyais fleurir des réactions plus ou moins nauséabondes de comptes "sécuritaires" tendance extrême-droite.

On me dit aussi "oui mais si on prévient qu'il va y avoir un exercice, ça fausse le déroulement" ;  certes, mais au moins on peut peut-être l'évoquer avant, sans forcément divulguer le jour et l'heure, au même titre qu'on sait qu'il peut y avoir des exercices incendie ou des exercices de confinement pour risque chimique #SevesoMonAmour.

Si on doit absolument inculquer la culture de la peur aux petits (et je ne suis pas, mais alors pas DU TOUT, convaincue qu'il faille le faire), ça vaut peut-être le coup de préparer ça un peu mieux, non? 
Aider les mômes à réagir calmement à une situation inattendue, ça peut s'anticiper autrement qu'en leur disant, sans explication, "couchez-vous par terre et ne faites aucun bruit", non?

Je n'ai pas de réponse à ces questions, hein. Mais je m'interroge beaucoup sur la société dans laquelle nos enfants vont grandir. Et je ne suis pas sûre d'avoir envie de la voir ressembler à cet état sécuritaire et anxiogène qui se dessine (un doux euphémisme se cache dans cette phrase, sauras-tu le retrouver?)

 Comme on ne se refait pas, j'ai moi aussi mis un mot dans le cahier :



Le mot est sobre, mais il se peut que j'aie *un peu* corrigé les fautes du texte au passage, et tant pis si la directrice le prend mal... 

[Fallait pas m'énerver hier soir, en plus de cette histoire d'exercice j'ai dû gérer une opération anti-poux de grande ampleur sans l'aide de MrSouristine, retardé de 2 heures par un "accident de personne" sur le Paris-Rouen. Et changer les draps d'un lit superposé PLUS les escaliers les bras pleins de linge PLUS le dîner des fauves, le tout enceinte de 8 mois et 10 jours, ça m'a légèrement gavée... Fin de la #MinuteCaliméro ]

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Cerise sur le gâteau de cette histoire : ce matin j'ai entendu la maîtresse des moyens dire à un père, lui aussi enseignant, "ohlala c'était pénible cet exercice".

Sans. Commentaire.

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Edit

Aujourd'hui, 16 heures, sortie d'école :

" Bonjour Souricette, tu as passé une bonne journée ?
- Oui, y'a pas de gros bruit."

Pas traumatisée, peut-être, mais suffisamment marquée par l'événement, donc. 
En discutant avec des parents, j'ai appris que d'autres enfants plus grands en avaient parlé toute la soirée et exprimé leur crainte que des terroristes ne viennent à l'école. 
Bravo le veau, euh, l'Éducation Nationale...








dimanche 22 novembre 2015

Croustillant saumon et viande des Grisons, duxelle de champignons au Porto

Une recette très simple, mais délicieuse et qui en jette un peu... ;)

Ingrédients (pour 2 personnes)

2 pavés de saumon sans la peau
8 tranches de viande des Grisons
250g de champignons de Paris
4 feuilles de brick
un peu de porto (blanc ici)
1 échalote
Sauge ou ciboulette
1 cuill à soupe de crème fraîche
20g de beurre
Sel, poivre

Préchauffer le four à 200°C (ou 180°C en chaleur tournante).
Préparer la duxelle de champignons (cf les explications du chef Simon) : couper les champignons en tout petits dés, faire suer l'échalote hachée dans le beurre, y ajouter les champignons, les laisser rendre leur eau de végétation à feu moyen ; quand celle-ci est complètement évaporée, verser une larme de Porto, laisser évaporer de nouveau, saler, poivrer, ajouter la sauge ou la ciboulette, la cuillère de crème, bien mélanger, réserver.
Superposer deux feuilles de brick (on peut les badigeonner légèrement de beurre fondu, mais c'est pas obligé). Déposer au centre de la feuille 4 tranches de viande des Grisons en les faisant se chevaucher légèrement, puis un pavé de saumon et recouvrir des champignons.
Rabattre les bords de la première feuille de brick pour former un chausson, puis faire de même avec la seconde feuille.
Enfourner jusqu'à ce les croustillants soient bien dorés, une vingtaine de minutes je dirais...



Servir avec de la salade verte, ou ce que vous voudrez!

jeudi 1 octobre 2015

L'urgence, elle est pas très urgente

(Si jamais la référence vous échappe, c'est )  

Jeudi, 15h45, téléphone

"Allô, je voudrais un rendez-vous ce soir, c'est pour ma fille qui a la gastro...
- Il me reste un créneau à 19h.
- (indignée) Han, vous avez pas plus tôt?
- (agacée) Bah non madame, déjà j'ai de la place ce soir, c'est pas le cas dans la plupart des cabinets médicaux des environs.
- Pffff, c'est que ça va faire tard, quand même...
- Bon, reprenons... Quel âge a votre fille?
- 3 ans 1/2
- Et quels sont ses symptômes?
- C'est l'école qui a appelé ce midi pour dire qu'elle avait la gastro. Mais bon, je crois pas trop, elle a juste sali sa culotte en fait.
- Et là, elle va bien?
- Oui, elle est en pleine forme. Mais si je veux la remettre demain à l'école il faut que je sois allée chez le médecin!"

Poin poin poin.

J'ai fait mon laïus sur la non-nécessité de fournir des certificats médicaux à l'école et l'ai rassurée en disant que si son bon sens de mère lui disait que sa fille pétait le feu, c'est qu'elle n'était pas vraiment malade.
Mais quand même, on marcherait pas un peu sur la tête, des fois?

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Jeudi, 17h50, téléphone

"Allô, je voudrais un rendez-vous ce soir, je viens de récupérer mon fils, il a 38,5°C, il est HS...
- Depuis quand il a de la fièvre?
- Oh, depuis aujourd'hui, hier il avait juste un peu mal à la gorge.
- Et quel âge il a?
- Il a 15 ans 1/2, mais vraiment il est HS.
- Ok, on va peut-être se donner un peu de temps avant de consulter, qu'il se repose bien, qu'il prenne du paracétamol...
- Oui mais, il est à LycéeTrèsCoté, vous croyez qu'il pourra y aller demain?
- Ben non, puisqu'il faut qu'il se repose! Et que je le voie ce soir n'y changera rien... S'il a toujours de la fièvre samedi, vous pourrez l'amener à la consultation libre."

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Vendredi, 8h50, téléphone

"Allô, je voudrais savoir s'il y a des consultations libres aujourd'hui.
- Oui, ce soir, de 17 à 19 heures.
- Ah... Et vous avez des rendez-vous ce matin?
- Oui, j'ai une place à 11 heures.
- Pffff, nan, j'peux pas, j'vais essayer de trouver un autre médecin!
- EH BEN BON COURAGE MONSIEUR!"


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C'est moi, ou le bon sens s'est perdu en cours de route?
 
 

dimanche 26 avril 2015

La Pottermania (avec de l'anniversaire dedans)

Depuis quelques mois, un vent de sorcellerie souffle sur la famille Souristine, depuis que Pipelette, 8 ans dans quelques jours, s'est prise de passion pour l'univers de JK Rowling. Quidditch au petit déjeuner, transfiguration au déjeuner, potions au dîner, elle nous saoule abreuve du récit des aventures du jeune sorcier balafré.


Il était donc logique qu'elle émette le souhait d'un anniversaire sur ce thème. Comme je suis une MILK / têtue / complètement frappadingue (rayez la mention inutile), je l'ai suivie et ai décidé d'organiser un anniversaire legen...wait for it...dary! 

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Beaucoup de farfouillage sur internet plus tard, avec notamment une incursion chez la géniale Ciloubidouille, et grâce aux cadeaux d'anniversaire de ma sœur et de ma mère, voici ce que ça a donné...


 

 Des invitations, envoyées comme il se doit par hibou postal
 



Des baguettes magiques toutes différentes (des morceaux de branches, peints, pailletés et vernis)




Une boîte de balles de Quidditch (un Ferrero Rocher avec des ailes en papier calque, 2 balles de ping-pong peintes en noir et vernies, une balle en mousse)



Un panneau d'affichage pour l'ambiance (avec des trucs trouvés sur Pinterest que j'ai toujours pas complètement compris comment ça marche), et des bougies flottantes - en papier - du plus bel effet ^^



Des friandises totalement ordinaires, transfigurées par la magie d'un bocal à l'ancienne et d'une étiquette
 


Et un gâteau-grimoire (un gâteau au chocolat tout simple, recouvert d'un habillage en pâte d'amande, une écharpe aux couleurs de Griffondor en pâte à sucre, un AUTRE Ferrero Rocher sur une pique à brochette, et les lunettes du costume Harry Potter que Pipelette avait reçu à Noël)







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Quant au déroulement de l'anniversaire, après avoir un peu morflé l'année dernière, ces petits morveux charmants enfants de 7 ans ayant laissé entendre qu'ils s'étaient ennuyés, j'ai essayé de le scénariser autant que possible pour éviter les temps morts - même si bien sûr il est arrivé un moment où j'avais épuisé mes ressources alors qu'il restait 45 bonnes minutes à les occuper... 




Les enfants ont donc été accueillis sur le quai 9 3/4, par moi-même, alias la directrice de l'école de magie pour jeunes Moldus.


















 



Après la cérémonie du Choixpeau qui les a répartis dans 2 maisons (Griffontard et Souffledaigle), je leur ai expliqué que Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard, avait été chassé de la célèbre école de magie suite à une énième calamité.



Malheureusement, il avait trouvé refuge dans notre école de magie - baptisée Moldusor par Pipelette - et y avait un peu semé la pagaille : baguettes magiques éparpillées dans le jardin, œuf de dragon rétréci à la taille d'un œuf de poule, ChocoGrenouilles transformées en Oursons à la guimauves, balais de course rendus invisibles. Et le pire : il avait caché le gâteau d'anniversaire! Mais il consentait à rendre celui-ci si les enfants se soumettaient à une série d'épreuves...

Nous avons donc commencé par chercher les baguettes magiques dans le jardin ; ils ont été super fans de ces baguettes toutes simples, au point qu'il a absolument fallu les étiqueter à leurs noms. Ils m'ont également demandé en quoi elles étaient faites, ce qui a donné lieu à un grand moment de solitude et d'improvisation ("tilleul, crin de licorne" "hêtre, plume de phénix" "c'est quoi dans la mienne déjà?" "ah ben je sais plus...")


Ensuite nous sommes allés mettre en sécurité l’œuf de dragon (un oeuf de Pâques en chocolat, dans lequel j'avais glissé un grelot et que j'avais recouvert d'alu). Pour pimenter l'épreuve, un membre de chaque maison devait revêtir la cape d'invisibilité et effectuer un petit parcours sans se faire repérer par les enfants de l'autre maison - dont les yeux étaient bandés.



 

 Puis nous avons fait une course de balais - invisibles, donc, y'en a deux qui suivent - avec les complications apportées par le retourneur de temps (au ralenti, à  reculons...)






Après la course, place au goûter et aux cadeaux. 

Il a fallu ensuite improviser ; j'ai lancé une partie de "1,2,3, stupefix", mais quelques gamines ont décroché, et on a enchaîné sur un cache-cache, avant de leur mettre un peu de musique pour faire les fous danser. A ce stade j'avais perdu 3 gamines qui ont préféré aller jouer aux Playmobils, mais globalement je crois qu'ils ont beaucoup aimé cette fête d'anniversaire.

Mon plus beau remerciement est venu de Pipelette elle-même, qui m'a dit que c'était "le plus bel anniversaire de sa vie", "un vrai cadeau".


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La cerise sur le gâteau de cet anniversaire : un jeu de Dobble® Harry Potter, fabriqué et offert à Pipelette par les animateurs du périscolaire, qui ont été absolument adorables sur ce coup-là.





mardi 25 novembre 2014

Danse, ô Mali

Ça commence doucement, au son du n'goni, du balafon et de la guitare. On s'étire, on s'ancre au sol, on laisse son corps se libérer des soucis de la semaine et des contraintes sociétales ; quelques bâillements s'échappent, c'est bon signe. On marche dans l'espace, on se laisse envelopper par la musique. Les bras, le dos, les jambes, la tête ; on enroule, on déroule, on étire. Le corps s'éveille. La démarche devient danse, on se croise, les regards et les sourires s'échangent.

Les percussions entrent en jeu : le solo du djembé, la rythmique du dunun. Le corps s'électrise, la fatigue de la journée est envolée. Le sourire s'accroche aux joues. Un pas, deux pas, un petit saut. Tout le corps est en mouvement. 

On déroule la chorégraphie. Les pas sur lesquels on peinait la semaine précédente ont été intégrés par le corps, ils prennent leur sens et se calent sur la musique. À l'appel du djembé on enchaîne sur le mouvement suivant, on lance ses bras, on saute, on tourne.

Les musiciens accélèrent le rythme. À bout de souffle, en sueur, on danse, on donne toutes ses ressources. Et puis on croise le regard d'un musicien, qui sourit et met encore plus d'énergie dans ses mains. Et on sourit aussi, et on trouve encore un peu d'énergie au fond de soi, et on danse, on danse, presque jusqu'à la transe, presque jusqu'à l'épuisement bienheureux.

La danse du Mali c'est ma came, mon antidépresseur, mon défouloir, ma soupape de sécurité dans mes semaines bien remplies.
La bienveillance est palpable, pas de jugement, pas de compétition. Juste un formidable espace d'expression corporelle au rythme de la musique. Et un échange tellement riche.

Pour tout ça, merci Hannah, Bagaoussou, Julien, Max, Jozef, Tristan, et tous les autres.  Awnitié.




samedi 22 novembre 2014

Il n'est pire sourd...

Monsieur Poumon a 57 ans. Il y a un an sa femme l'a amené en consultation parce qu'il "débloquait". Il était confus, a essayé d'attraper ma langue quand je lui ai demandé de me tirer la langue ; je l'ai envoyé aux urgences.
En fait il était en hyponatrémie* sévère, et il n'a pas fallu longtemps à partir de là pour lui trouver un cancer pulmonaire. Un bien méchant, et dont on ne peut même pas blâmer le tabac. Juste pas de chance. Et un pronostic effroyable, de l'ordre de 2% de survie à 5 ans.
Il a bien répondu à la première chimiothérapie, puis à la deuxième, puis à la troisième... À chaque fois les lésions régressaient, puis reprenaient quelques semaines plus tard, s'étendant dorénavant au foie ; à chaque fois le premier signe d'alerte était l'hyponatrémie.
Je l'ai revu hier, entretemps il voyait mon #VieilAssocié qui est son médecin traitant officiel. De nouveau un peu confus, ailleurs. 
Et son épouse, très en colère. Lors de la dernière consultation le pneumologue leur a dit que tout était bien, et là ça recommence, c'est pas possible, elle veut un autre avis, à Villejuif s'il le faut, et puis ça fait 25 ans qu'il a pas touché une cigarette...
Je ne peux pas croire, le connaissant, que le pneumologue ne leur ait pas donné plus d'explications quant au pronostic et l'évolution de ce type de cancer ; mais elle continue à croire qu'il pourrait guérir si on se donnait la peine de chercher un autre traitement, même expérimental. 

Monsieur Prostate a 70 ans. Il a un cancer de la prostate multi métastatique, actuellement en échec thérapeutique. Il est dorénavant en soins palliatifs à domicile. 
Ce midi sa femme m'a appelée : sur la prise de sang demandée par l'oncologue, le taux de PSA** a encore augmenté, elle voudrait que je passe pour donner un médicament pour le faire baisser...

La force du déni de ces deux femmes m'impressionne, et m'attriste. Est-ce un moyen de survivre, de faire face? 
Ou est-ce lié à notre façon, nous soignants, de communiquer? Qu'est-ce qui est réellement entendu de nos mots, même quand nous estimons avoir été limpides?
Comment dire l'indicible, comment entendre l'insoutenable?

Les réponses me manquent. Et ça donne des situations extrêmement délicates à gérer.




Pour mes lecteurs non médecins ;-) 
* : manque de sodium dans le sang
** : antigène spécifique de prostate, marqueur du cancer (très très imparfait pour le dépistage, soit dit en passant)